“Le Tao de Bruce Lee” de Davis miller (2003)

Tao Bruce Lee

“Ecrit à la première personne, dans la tradition des grands essayistes américains tels que Tom Wolfe, “Le Tao de Bruce Lee” raconte un double parcours. Celui du Petit Dragon, entrecroisé avec celui de l’un de ses plus fervents admirateurs, Davis Miller, qui analyse l’influence prodigieuse que Bruce Lee exerce encore plus de trente ans après sa disparition.” (résumé éditeur)

 

On peut considérer Bruce Lee comme le Jimi Hendrix des arts martiaux.
Comme le guitariste gaucher, il brilla telle une météorite au cours d’une carrière dont la brièveté n’eut d’égale que la splendeur.
Comme lui, il apparaît comme un surdoué qui chamboula une discipline à jamais changée après son passage.
Comme le natif de Seattle, il laisse une poignée d’œuvres officielles pour un paquet déraisonnable de titres posthumes et apocryphes – les suiveurs se réclamant de son héritage (depuis maintenant quarante ans) pouvant aisément repeupler n’importe quel coin déserté de la planète…

Parmi les centaines d’ouvrages plus ou moins (souvent moins que plus) pertinents ayant retracé son parcours, distinguons ce Tao de Bruce Lee, rédigé par le chroniqueur sportif Davis Miller.
Non seulement (de loin) l’ouvrage le plus honnête consacré au Petit Dragon mais également – et tout simplement – l’un des livres les plus passionnants jamais écrits sur le sport et la célébrité, toutes catégories confondues. Amen.

L’auteur, comme dans les meilleures biographies, dépasse en effet le cadre de son sujet pour rapidement embrasser un bien plus vaste panorama.
Relatant l’extraordinaire impact qu’eut Lee sur sa propre existence en même temps que sur celle du  monde entier, il en analyse les soubresauts sur la culture contemporaine, au sein de l’époque, de l’Histoire du cinéma ou celle des sports de combat.

Dans un style épuré, aussi tranchant qu’un coup porté à la gorge, il s’interroge (sans forcément tenter d’y répondre) sur ce qui, en définitive, fait l’essence d’un être.
Lui, n’importe qui, nous tous : égarés entre la peur et la solitude, dans l’attente d’un héros à même de les délivrer…

Témoignage poignant qui parlera d’une manière intime à quiconque a, un jour, espéré l’arrivée d’un sauveur.
Et explique que la fantastique pure énergie de Lee continue d’inlassablement défier la mort. Irradiant les écrans, par-delà les années.
On ne saurait rendre meilleur hommage à quiconque…

 

(Guy Trédaniel Editeur)

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“Murderball” de H.A. Rubin et D.A. Shapiro (2005)

Murderball cover

“Entrons dans l’univers fascinant et méconnu du Murderball, ce “rugby en fauteuil roulant” inventé par les Canadiens il y a près de 30 ans. La compétition est féroce, l’enjeu est de gagner la médaille d’or aux Jeux de 2004, à Athènes.
Dépassement de soi, suspense, trahison, amitiés, prouesses athlétiques époustouflantes, font de Murderball une véritable épopée de “gladiateurs” modernes, assis sur des fauteuils roulants transformés en chars d’assaut.” (résumé Allociné)

 

Remarqué lors de sa présentation au Festival de Sundance, il y a dix ans, le film de Henry Alex Rubin et Dana Adam Shapiro nous convie à la découverte d’une discipline que même les auteurs de South Park n’ont (sauf erreur) pas osé imaginer.

Etonnante activité qui offre des affrontements à côté desquels les courses de char deBen-Hur ressemblent à un tour de tricycle autour du pâté de maison.
Et nous fait faire connaissance avec d’irrésistibles figures cabossées par la vie mais ayant, pour toujours, rayé le terme “auto-apitoiement” de leur vocabulaire.

Principal intérêt d’un documentaire qui, faut-il l’avouer, ne se distingue pas par sa finesse excessive.
L’ensemble, qui flirte parfois avec une esthétique de télé-réalité, conviant son lot de pathos qui nous rappelle qu’on est dans un produit 100% américain – rivalité sportive excessive et outrancier nationalisme inclus.

Rien de cependant irrémédiable tant on se rend compte que le but des auteurs n’est pas d’œuvrer dans le grand cinéma.
Mais plutôt de, modestement, proposer sur le handicap un regard différent, dénué de condescendance ou tout misérabilisme.
Se concentrant sur la compétition (en l’occurrence, les Jeux Paralympiques d’Athènes, en 2004) et la formidable vitalité de protagonistes qui y ont pioché un sens à leur nouvelle existence.

De quoi le garder dans un coin de l’esprit, la prochaine fois que la tentation de la plainte viendra chatouiller le geignard qui sommeille en nous…

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“Le funambule” de James Marsh (2008)

Le funambule

“L’histoire du “crime artistique du siècle” : en 1974, Philippe Petit tend un câble entre les tours du World Trade Center, à New York, alors les immeubles les plus hauts du monde, et passe presque une heure à danser en l’air avant de se faire arrêter par la police.” (résumé Allociné)

 

Directement sorti en dvd chez nous (malgré l’Oscar du meilleur documentaire obtenu lors de la cérémonie 2009), Le Funambule de James Marsh entreprend de retracer l’exploit (terme, pour une fois, tout à fait justifié) qu’accomplit Philippe Petit en déambulant, le 7 août 1974, sur un câble tendu entre les tours jumelles du World Trade Center…

Magnifique geste gratuit, à l’époque fort joliment qualifié de « crime artistique du siècle ».

Alors, Marsh ne cherche pas à faire œuvre de cinéaste et son documentaire, principalement constitué d’interviews des protagonistes de l’affaire et de reconstitution sensationnaliste (qui pourrait faire croire qu’on a malencontreusement zappé sur NRJ 12) ne dépare que peu du tout-venant télévisuel.

Pas grave.

L’essentiel est ailleurs. La force du film tenant toute entière dans cette saisissante histoire qu’il nous donne à voir. Dans cette exaltation que l’auteur parvient à faire ressentir.

Celle d’un artiste qui a accompli son rêve le plus fou, est allé au bout de lui-même et (pas plus que ses comparses, à voir leur émotion encore palpable, plus de trente ans après les faits), n’en est vraiment revenu.

Performance totale, sans autre but que la recherche de la beauté pure. Qui lui permit de toucher le ciel, au sens propre du terme… Une quête d’absolu qui aurait, en fait, presque pu se passer de tout commentaire.

Ce qui eut été fort dommage puisque nous aurions alors été privés de la sublime musique de Michael Nyman, dont l’entêtante tonalité (entre douce euphorie et poignante mélancolie) accompagne avec perfection la magie de l’instant.

On laisse le mot de la fin au principal intéressé, dont on sait gré d’avoir saupoudré d’un brin de poésie notre monde de brutes : « Pour moi, c’est une évidence : il n’y a pas besoin de permission quand on a envie de faire des choses belles. Il faut les faire, c’est tout. »

Et puis, voilà.

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“Riding Giants” de Stacy Peralta (2003)

Riding Giants

“De nombreux champions ont voulu pousser le surf à ses limites extrêmes en chevauchant les vagues les plus spectaculaires, les rouleaux les plus dangereux. Des hommes soudain minuscules face à des déferlantes de géant. RIDING GIANTS est leur histoire. Mais impossible de la raconter sans conter celle du surf lui-même. Un sport devenu mondialement synonyme de jeunesse, d’aventure et de liberté.” (résumé Allociné) 

 

Film-jumeau de Dogtown and Z-Boys (et tout naturellement réalisé par le même Stacy Peralta), Riding Giants en est le prolongement logique : remontant aux sources mêmes d’une discipline qui a tant influencé sa pratique du skateboard.

Le documentaire dresse donc un panorama du surf – de ses origines jusqu’à sa récente évolution – qui offre le luxe de se montrer accessible même au néophyte n’ayant jamais trempé un orteil dans l’eau salée (grâce en rendue au style de l’auteur qui flirte avec l’esthétique du clip sans jamais y sombrer).
Pour ensuite se concentrer sur la catégorie très spécifique des « riders de géantes » : ces seigneurs des mers qui s’en vont, par simple goût du défi, chevaucher des vagues hautes comme des immeubles.

Outre d’époustouflantes vues  de kamikazes en pleine action (qui donnent à ressentir comme rarement la puissance de l’élément marin), l’ensemble offre ainsi l’opportunité de croiser le chemin de légendaires figures.
Des icônes à l’étonnante simplicité, dont le but dans l’existence semble de parvenir à surfer la vague parfaite, dussent-ils attendre une vie entière pour cela.

Une dévotion qui transmet quelque chose d’émouvant : exhalant une liberté totale sans rien cacher des sacrifices qui en découlent.
Toute l’attention cristallisée sur un unique objectif, quitte à délaisser le superflu.
Prix à payer qui apparaît presque dérisoire, tant chacun des intervenants vibre de l’éclat particulier de celui qui a approché quelque chose de plus grand.

On jurerait y saisir une parfaite définition de la passion…

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“Dogtown and Z-Boys” de Stacy Peralta (2001)

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“Un documentaire sur les pionniers du skate board dans les années soixante-dix.” (résumé Allociné)

 

Si vous avez vu le sympathique Lords of Dogtown de Catherine Hardwicke (sorti en 2005), vous connaissez peu ou prou l’histoire de ces seigneurs du bitume et aurez, en ce cas, plaisir à découvrir la « vraie » histoire qui a inspiré les auteurs.                                        Si non, c’est encore mieux et vous pourrez assister vierge à la projection d’un de ces légendaires récits comme la subculture aime en délivrer.

Stacy Peralta, l’un des protagonistes de la bande, s’en est donc allé sur les traces de son adolescence interviewer ses anciens compagnons : jeunes punks asociaux qui ont révolutionné le monde du skateboard en y instaurant une virtuosité et une vision de la discipline jusqu’alors inédites.

Le film nous amène ainsi à la rencontre de personnalités si atypiques que le ciné n’aurait pas osé en inventer (et auxquels il a d’ailleurs bien mal rendu hommage, tant le film qui en a été tiré paraît fade à côté de la réalité).                                                                                    Livre des témoignages de première main qui nous font revivre, quasiment en direct, cette glorieuse tranche d’Histoire. Et permet, du coup, de se replonger dans l’arrogance de la jeunesse, où l’absence de peur tient lieu de carburant.                                                       Période bénie dont la fougue se voit parfaitement retranscrite grâce à l’énergique montage (typique de l’auteur) et la bande-son, génialement estampillée 70’s.

Sans compter le supplément d’âme, ce bonus qui fait dépasser l’ensemble de l’anecdote propre à ne passionner que les aficionados de la planche.

Soit donc l’extraordinaire figure de Jay Adams : surnommé « la graine originelle » par ses pairs et seul à avoir su élever son activité au rang d’art.                                                       L’enfant sauvage dont l’insolent talent s’échoua sur les rives de ses tourments existentiels. Un génie dont l’osmose avec son skate était si forte, et la maîtrise de sa discipline si aisée, qu’il dépassa le simple défi sportif pour atteindre à l’expression intime.

Un Adams qui symbolise, presque à lui seul, l’épopée narrée. Celle d’une bande de losers, dépositaires d’une incroyable énergie carnassière ayant transformé leur sport à jamais. Qui ont apporté une crudité, et insufflé la vie, à une discipline qui en manquait cruellement.

Et rappelé (si besoin était) que la culture, la vraie, ne proviendra jamais de quelque bureau que ce soit. Mais naîtra toujours dans la rue.

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“Rêves de montagnes” de Jon Krakauer (1990)

Rêves de montagnes

“Fou d’alpinisme, Jon Krakauer nous offre ici douze récits d’aventures en montagne.” (résumé éditeur) 

 

Le succès de l’adaptation cinématographique de son Into The Wild aura, notamment, permis de mettre en lumière les précédents ouvrage de Jon Krakauer.

A commencer par ce Rêves de montagne, qui regroupe douze de ses articles initialement parus, outre-Atlantique, dans la revue Outside.

L’ensemble, qui peut désarçonner par son apparent manque d’unité (même si c’est le principe même de la compilation) tire justement sa force de cette forme en mosaïque.

La variété des sujets (qui navigue de l’ascension de cascades de glace à la témérité des pilotes de haute montagne en passant par le rapport entre escalade et mathématiques) parvenant à passionner, que l’on soit ou non grimpeur.

Grâce en soit rendue au style de l’auteur (lui-même alpiniste chevronné) qui lui permet de faire ressentir la nature, l’environnement, l’atmosphère de l’instant comme peu sont parvenus à le faire.

Un don rare pour l’imagerie qui donne, par endroits, presque l’impression de partager ces ascensions inhumaines.

Et par la même de découvrir d’extraordinaires aventures traversées par de formidables figures : baroudeurs bigger than life et dont le rapport à leur activité est pourtant à mille lieux de l’entreprise kamikaze que le néophyte pourrait imaginer.

Et pour cause : ces derniers, à l’instar d’un certain David Belle – ou des artistes de cirque aériens, sachant mieux que quiconque à quel point la moindre erreur peut s’avérer fatale.

Des grimpeurs dont Krakauer dit, dans sa préface qu’ils “ne sont pas des esprits dérangés mais ne font que ressentir, un peu plus que les autres, les impératifs de la condition humaine”.
Si ça ne ressemble pas à une parfaite définition de la discipline…

 

(Presses de la Cité)

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“Locals Only” de Hugh Holland (2011)

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Recueil de photographie dû à l’artiste Hugh Holland, “Locals Only” se présente comme un parfait complément du documentaire-culte Dogtown and Z-Boys de Stacy Peralta (prochainement chroniqué en ces pages).

Mettant, peu ou prou, en scène les mêmes personnages parcourant les mêmes lieux, l’ouvrage se présente comme un instantané de l’époque : ces quelques années, au mitan des seventies, qui virent des adolescents sauvages réinventer l’art du skateboard et ainsi entrer dans la légende.

Période dorée dont Holland parvint à rendre la teneur grâce à l’alliance très particulière entre son matériel (de la pellicule ciné 35 mm, normalement utilisée pour les diapositives) et les conditions d’alors – cet inimitable de mélange de pollution et de luminosité propre à la Californie.

Laquelle nous permet de profiter de ces images à l’énergie presque palpable qui, mieux que tout autre document, parviennent à capturer l’essence de l’éternelle jeunesse.

Etant entendu que c’est peut-être bien ça, le sens de la vie : faire du skate, les cheveux au vent, sans rien d’autre à quoi penser que l’instant présent…

 

Site de l’auteur : http://www.hughholland.com

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