“Riding Giants” de Stacy Peralta (2003)

Riding Giants

“De nombreux champions ont voulu pousser le surf à ses limites extrêmes en chevauchant les vagues les plus spectaculaires, les rouleaux les plus dangereux. Des hommes soudain minuscules face à des déferlantes de géant. RIDING GIANTS est leur histoire. Mais impossible de la raconter sans conter celle du surf lui-même. Un sport devenu mondialement synonyme de jeunesse, d’aventure et de liberté.” (résumé Allociné) 

 

Film-jumeau de Dogtown and Z-Boys (et tout naturellement réalisé par le même Stacy Peralta), Riding Giants en est le prolongement logique : remontant aux sources mêmes d’une discipline qui a tant influencé sa pratique du skateboard.

Le documentaire dresse donc un panorama du surf – de ses origines jusqu’à sa récente évolution – qui offre le luxe de se montrer accessible même au néophyte n’ayant jamais trempé un orteil dans l’eau salée (grâce en rendue au style de l’auteur qui flirte avec l’esthétique du clip sans jamais y sombrer).
Pour ensuite se concentrer sur la catégorie très spécifique des « riders de géantes » : ces seigneurs des mers qui s’en vont, par simple goût du défi, chevaucher des vagues hautes comme des immeubles.

Outre d’époustouflantes vues  de kamikazes en pleine action (qui donnent à ressentir comme rarement la puissance de l’élément marin), l’ensemble offre ainsi l’opportunité de croiser le chemin de légendaires figures.
Des icônes à l’étonnante simplicité, dont le but dans l’existence semble de parvenir à surfer la vague parfaite, dussent-ils attendre une vie entière pour cela.

Une dévotion qui transmet quelque chose d’émouvant : exhalant une liberté totale sans rien cacher des sacrifices qui en découlent.
Toute l’attention cristallisée sur un unique objectif, quitte à délaisser le superflu.
Prix à payer qui apparaît presque dérisoire, tant chacun des intervenants vibre de l’éclat particulier de celui qui a approché quelque chose de plus grand.

On jurerait y saisir une parfaite définition de la passion…

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“Dogtown and Z-Boys” de Stacy Peralta (2001)

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“Un documentaire sur les pionniers du skate board dans les années soixante-dix.” (résumé Allociné)

 

Si vous avez vu le sympathique Lords of Dogtown de Catherine Hardwicke (sorti en 2005), vous connaissez peu ou prou l’histoire de ces seigneurs du bitume et aurez, en ce cas, plaisir à découvrir la « vraie » histoire qui a inspiré les auteurs.                                        Si non, c’est encore mieux et vous pourrez assister vierge à la projection d’un de ces légendaires récits comme la subculture aime en délivrer.

Stacy Peralta, l’un des protagonistes de la bande, s’en est donc allé sur les traces de son adolescence interviewer ses anciens compagnons : jeunes punks asociaux qui ont révolutionné le monde du skateboard en y instaurant une virtuosité et une vision de la discipline jusqu’alors inédites.

Le film nous amène ainsi à la rencontre de personnalités si atypiques que le ciné n’aurait pas osé en inventer (et auxquels il a d’ailleurs bien mal rendu hommage, tant le film qui en a été tiré paraît fade à côté de la réalité).                                                                                    Livre des témoignages de première main qui nous font revivre, quasiment en direct, cette glorieuse tranche d’Histoire. Et permet, du coup, de se replonger dans l’arrogance de la jeunesse, où l’absence de peur tient lieu de carburant.                                                       Période bénie dont la fougue se voit parfaitement retranscrite grâce à l’énergique montage (typique de l’auteur) et la bande-son, génialement estampillée 70’s.

Sans compter le supplément d’âme, ce bonus qui fait dépasser l’ensemble de l’anecdote propre à ne passionner que les aficionados de la planche.

Soit donc l’extraordinaire figure de Jay Adams : surnommé « la graine originelle » par ses pairs et seul à avoir su élever son activité au rang d’art.                                                       L’enfant sauvage dont l’insolent talent s’échoua sur les rives de ses tourments existentiels. Un génie dont l’osmose avec son skate était si forte, et la maîtrise de sa discipline si aisée, qu’il dépassa le simple défi sportif pour atteindre à l’expression intime.

Un Adams qui symbolise, presque à lui seul, l’épopée narrée. Celle d’une bande de losers, dépositaires d’une incroyable énergie carnassière ayant transformé leur sport à jamais. Qui ont apporté une crudité, et insufflé la vie, à une discipline qui en manquait cruellement.

Et rappelé (si besoin était) que la culture, la vraie, ne proviendra jamais de quelque bureau que ce soit. Mais naîtra toujours dans la rue.

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“Rêves de montagnes” de Jon Krakauer (1990)

Rêves de montagnes

“Fou d’alpinisme, Jon Krakauer nous offre ici douze récits d’aventures en montagne.” (résumé éditeur) 

 

Le succès de l’adaptation cinématographique de son Into The Wild aura, notamment, permis de mettre en lumière les précédents ouvrage de Jon Krakauer.

A commencer par ce Rêves de montagne, qui regroupe douze de ses articles initialement parus, outre-Atlantique, dans la revue Outside.

L’ensemble, qui peut désarçonner par son apparent manque d’unité (même si c’est le principe même de la compilation) tire justement sa force de cette forme en mosaïque.

La variété des sujets (qui navigue de l’ascension de cascades de glace à la témérité des pilotes de haute montagne en passant par le rapport entre escalade et mathématiques) parvenant à passionner, que l’on soit ou non grimpeur.

Grâce en soit rendue au style de l’auteur (lui-même alpiniste chevronné) qui lui permet de faire ressentir la nature, l’environnement, l’atmosphère de l’instant comme peu sont parvenus à le faire.

Un don rare pour l’imagerie qui donne, par endroits, presque l’impression de partager ces ascensions inhumaines.

Et par la même de découvrir d’extraordinaires aventures traversées par de formidables figures : baroudeurs bigger than life et dont le rapport à leur activité est pourtant à mille lieux de l’entreprise kamikaze que le néophyte pourrait imaginer.

Et pour cause : ces derniers, à l’instar d’un certain David Belle – ou des artistes de cirque aériens, sachant mieux que quiconque à quel point la moindre erreur peut s’avérer fatale.

Des grimpeurs dont Krakauer dit, dans sa préface qu’ils “ne sont pas des esprits dérangés mais ne font que ressentir, un peu plus que les autres, les impératifs de la condition humaine”.
Si ça ne ressemble pas à une parfaite définition de la discipline…

 

(Presses de la Cité)

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“Locals Only” de Hugh Holland (2011)

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Recueil de photographie dû à l’artiste Hugh Holland, “Locals Only” se présente comme un parfait complément du documentaire-culte Dogtown and Z-Boys de Stacy Peralta (prochainement chroniqué en ces pages).

Mettant, peu ou prou, en scène les mêmes personnages parcourant les mêmes lieux, l’ouvrage se présente comme un instantané de l’époque : ces quelques années, au mitan des seventies, qui virent des adolescents sauvages réinventer l’art du skateboard et ainsi entrer dans la légende.

Période dorée dont Holland parvint à rendre la teneur grâce à l’alliance très particulière entre son matériel (de la pellicule ciné 35 mm, normalement utilisée pour les diapositives) et les conditions d’alors – cet inimitable de mélange de pollution et de luminosité propre à la Californie.

Laquelle nous permet de profiter de ces images à l’énergie presque palpable qui, mieux que tout autre document, parviennent à capturer l’essence de l’éternelle jeunesse.

Etant entendu que c’est peut-être bien ça, le sens de la vie : faire du skate, les cheveux au vent, sans rien d’autre à quoi penser que l’instant présent…

 

Site de l’auteur : http://www.hughholland.com

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“A poings nommés” de Jean-Marc Mormeck (2009)

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Profitons de sa récente actualité (il est, cette semaine, apparu sur L’Equipe 21 lors d’un débat autour du MMA) pour, deux mois après l’annonce de son retrait des rings, revenir sur “A poings nommés” de Jean-Marc Mormeck (sorti en octobre 2009).

Ecrit en collaboration avec Damien Burnier (reporter au Journal Du Dimanche), le livre s’écarte de la classique autobiographie de sportif pour, principalement, se concentrer sur les deux grands axes de l’existence du boxeur :
– la banlieue, d’où il est issu, qu’il habite toujours et qu’il continue de représenter, parfois à son corps défendant.
– le milieu du noble art, au sein duquel il a évolué durant deux décennies. Marécage qui n’a rien à envier aux ambiances de sa jeunesse et dans lequel il semble confirmer le cliché selon lequel les affrontements les plus durs ont bien plus souvent lieu en coulisses qu’en pleine lumière.

La prose du boxeur se révèle à l’image de sa conduite entre les cordes : directe et sans faux-semblants.
Le sportif ignorant la langue de bois (il n’hésite pas à nommément citer ceux contre qui il conserve griefs) et en profitant pour dresser de sa discipline un panorama sans complaisance aucune.

Un milieu qui fourmille de chausse-trappes et où sa discipline, sa rigueur en toute chose (sur comme en-dehors des rings) et son indéfectible droiture lui ont, mieux que tout autre factice protection, permis d’éviter les pièges qu’il n’a cessé de rencontrer au fur et à mesure de son ascension.

Un exemple de carrière qui pourrait fort bien illustrer la maxime que Cus D’Amato faisait, chaque jour, répéter à son poulain Mike Tyson,  et selon laquelle « la volonté de vaincre est plus forte que la capacité de vaincre. ».

Ligne de vie que le boxeur a, jusqu’au terme de son existence sportive professionnelle, suivi sans déroger. Lui permettant de se retirer de la manière dont il a combattu : comme un prince…

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“Parkour” de David Belle (2010)

David Belle Parkour

 

On profite de la – relativement – récente sortie en dvd de Brick Mansions (remake américain du Banlieue 13 qui l’avait révélé au grand public et dans lequel il reprend d’ailleurs son rôle) pour revenir sur Parkour”, l’autobiographie – en forme de manifeste – du créateur de la discipline.

Brian Eno (ex-membre de Roxy Music puis influent producteur) avait, en son temps, déclaré que le premier album éponyme du Velvet Underground avait beau ne quasiment pas s’être vendu, sa force en était telle que chacun des acheteurs avait ensuite formé un groupe.

On a envie de dire la même chose à propos de cet ouvrage consacré à David Belle.

Et sans savoir à combien il s’est écoulé, on parierait gros que la majorité de ses lecteurs, sitôt la dernière page achevée, s’est sentie l’immédiat besoin de se la jouer Spiderman (ou, plus précisément : “Speed-Air-Man” comme s’est lui-même surnommé Belle) au sein du mobilier urbain environnant.

Sorti début 2010, le titre, plus qu’une classique biographie, se présente sous la forme d’un long entretien (mené par la journaliste Sabine Gros La Faige) qui laisse tout loisir à Belle de se raconter, comme jamais auparavant.

De son enfance à son apogée hollywoodienne, en passant par l’élaboration de sa discipline et, surtout, le rôle tenu par son père, Raymond : mentor, modèle et inamovible figure tutélaire.

Un témoignage à l’image de Belle : humble et direct, parcouru par la lucidité de celui qui a appris sur le terrain et mis en pratique ce qu’il professe.

Qui nous invite à partager son incessante recherche de la perfection physique, du geste juste, du mouvement pur…
Etonnante expérience (sur son corps, sa vision du sport, son existence même) qui en vient, au fil du récit, à dépasser la discipline de vie pour épouser la quête spirituelle.

Et laisse penser que, plus que la création d’une activité, c‘est une véritable odyssée qu’il a, à sa manière spartiate, mené à son terme.

Une philosophie de l’extrême dont il est permis de penser qu’elle a influencé nombre de ses contemporains – à commencer par quelqu’un comme Ido Portal (l’un des plus illustres noms actuels de l’entrainement au poids de corps).

Et dont on peut comprendre à quel point les fondements mêmes (puisqu’ainsi que dit dans la préface – rédigée par Luc Besson : l’erreur lui est interdite puisque pour Belle, “tomber, c’est mourir”), peuvent en chacun trouver écho…

 

“Parkour” de David Belle (Editions Intervista)

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Opening !

Focus est un mot latin qui veut dire “foyer”, c’est le lieu où plusieurs choses se concentrent. Il est la racine du mot “focalisation” en français qui peut être synonyme de “concentration”. Ce mot s’emploie également tel quel en anglais et on le retrouve notamment dans les domaines suivants :

– en photographie, il est synonyme de “mise au point”

– dans la publication, il désigne un article de presse faisant le point sur une information précise

– en linguistique cognitive, c’est le point sur lequel se concentre l’attention.

Un espace né du désir de passionnés.

Un tour d’horizon de ce qui peut les faire vibrer dans la pratique de l’activité sportive – au sens large du terme. Des sujets, portraits ou entretiens qui tenteront d’apporter, dans la mesure du possible, un regard ludique et curieux sur ce qui en fait la richesse.

Ainsi qu’une envie de rendre compte du plaisir et de la pertinence qu’elle peut offrir.

Ne pas stagner. Jamais. Avancer. Toujours. Puissez-vous être nombreux à partager l’aventure avec nous.

Welcome !

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