“La classe et les vertus” de Frédéric Roux (2014)

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“Le 6 avril 1987 au Caesars Palace de Las Vegas, Marvin Marvelous Hagler, champion du monde des poids moyens, rencontre en douze reprises de trois minutes Ray “Sugar” Leonard, titre en jeu.
Depuis, il existe deux catégories de gens : ceux qui croient que Leonard a gagné et ceux qui savent que Hagler n’a pas perdu.” (résumé éditeur) 

 

Frédéric Roux poursuit donc, après ses biographies-sommes sur Mike Tyson et Muhammad Ali, son tour d’horizon de la société américaine vue à travers le prisme de ses champions de boxe les plus représentatifs.

Il est ainsi symptomatique que ce dernier livre (bien qu’écrit avant) sorte après son Alias Ali : tant il apparait comme la parfaite jonction – aussi bien au niveau des dates que de la thématique – entre celui-ci (qui couvrait la période allant des années 60 à la fin des années 70) et son Tyson (qui parlait principalement des années 80 et 90).

Prenant pour prétexte l’affrontement mythique entre les deux champions d’exception que restent Marvelous Marvin Hagler (meilleur poids moyen d’alors) et Sugar Ray Leonard (toujours considéré comme le meilleur boxeur, toute catégories confondues, de l’époque), La classe et les vertus en profite pour (comme souvent chez l’auteur) causer de son milieu, de l’époque ainsi que, au-delà de ça, de l’existence en général (soit ce qu’on attend d’une littérature qui se respecte).

Roux, comme à son habitude, se sert de son sujet comme prétexte à une formidable radiographie de l’époque visée : cette période entre deux décennies qui vit la disparition d’un ancien monde représenté par la brutasse taciturne Marvelous (qu’on imagine facilement sur de vieilles images en noir et blanc) et l’apparition du bling-bling parfaitement symbolisé par le beau gosse Leonard.

L’avènement d’une nouvelle ère idéalement retranscrit par l’auteur qui – à la manière du Bret Easton Ellis d’American Psycho – établit, jusqu’à la nausée, la liste de dizaines de marques et produits (dont, coup de génie, il imprime les vrais logos tout au long du texte) afin de parfaitement symboliser le basculement d’un sport, un pays, une époque toute entière au sein de ce qu’on a, non sans raison, nommé « les années fric ».

Pour ne pas l’avoir compris et refusé de jouer un jeu et suivre des règles que son adversaire avait, depuis toujours, assimilées, Hagler fut débarqué et laissé sur le côté comme un chien qu’on abandonne (un peu comme Sonny Liston, deux décennies plus tôt).

Sans doute le prix à payer lorsqu’on fait partie de l’Histoire, serait-ce à son corps défendant…

“The Times They Are a-Changin… Le roi est mort, vive le roi… Ite Missa Est.

 

(Editions Fayart)

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