“Boxing Gym” de Frederick Wiseman (2010)

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“Austin, Texas. Richard Lord, ancien boxeur professionnel, a fondé son club de boxe Lord’s Gym, il y a seize ans. Des personnes d’origines et de classes sociales et d’âge différents s’entrainent dans ce gymnase : hommes, femmes, enfants, docteurs, avocats, juges, hommes et femmes d’affaires, immigrants, boxeurs professionnels ou aspirants professionnels côtoient de simples amateurs et des adolescent en quête de force et d’assurance.
Le gymnase est une illustration du “melting pot” à l’américaine où les gens s’entraînent, se parlent, se rencontrent…” (résumé Allociné) 

 

Documentariste majeur du septième art, Frederick Wiseman réalise depuis presque un demi-siècle sans avoir jamais dévié de son immuable ligne de conduite : investir un lieu (la plupart du temps au sein d’une institution établie, comme un hôpital, un commissariat, un camp militaire ou encore un bureau d’accueil de la sécurité sociale) pour en explorer chaque recoin, de façon à en capter l’essence et la faire rejaillir sur l’écran.

Le tout dans un style sec, à rebours de toute facilité narrative communément admise (ni voix-off ni personnage principal à qui s’identifier) et dont le refus de la moindre sensiblerie accouche d’objets qui ne ressemblent à rien d’autre.

Pour le présent film, Wiseman s’en est allé filmer une salle de boxe de quartier comme il en existe des milliers. Nous invitant à partager le quotidien d’anonymes (pour la plupart pas même professionnels mais simplement amateurs passionnés) dans ce qu’il a de plus trivial, de plus banal, de presque terne.

Une somme de moments creux qu’il ne cherche jamais à artificiellement magnifier mais qui en révèlent pourtant beaucoup sur l’univers montré à l’écran – l’austérité du cinéaste n’excluant nullement, bien au contraire, un vrai travail de mise en scène et de montage.

Le labeur de ces artisans de l’effort se voit en l’occurence rythmé par l’incessant vacarme des coups sur les sacs de frappe et du buzzer du timer.

Un bruit de fond, aussi étrange que monotone, qui en devient presque hypnotique et finit par révéler ce que Wiseman a toujours cherché à montrer : les rituels qui régissent chacun des milieux qu’il filme et les hommes qui (pour diverses raisons qui n’appartiennent qu’à eux) s’y soumettent de manière presque religieuse, y trouvant un sens à leur existence.

Un portrait qui recèle quelque chose de troublant et explique sans doute pourquoi le film (comme tous ceux du metteur en scène), en apparence anodin, s’incruste de façon si persistance dans l’esprit…

 

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Une vision de l'activité sportive...
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